Le lundi 13 octobre 2003
Jour 6 --- Rapport
Par Kris Westwood
àprès 260km et 6h30 de course, les hommes élite des championnats du monde sur route Hamilton 2003 furent plus agressifs dans les derniers 12 derniers kilomètres de la course. Les 180 coureurs venus de 35 nations différentes ont pris le départ ce matin. Un défi conséquent les attendait par 42 ascensions de l'escarpement du Niagara pour compléter les 21 tours du circuit du centre-ville d'Hamilton. Tous s'entendaient à croire qu'une sélection dite naturelle amènerait l'abandon de plusieurs coureurs, ne laissant qu'une poignée d'entre eux en mesure de se disputer la victoire. Malgré les efforts de l'équipe italienne déterminée à contrôler la course pour favoriser Paolo Bettini, un vent fort de face durant la dernière ascension est venu brouiller les cartes. à un tour de la fin, 60 coureurs regroupés pouvaient aspirer à la victoire.
Les tentatives d'échappées furent nombreuses. Durant la première partie de la course, Koos Moerenhout, NED, initia la première échappée importante de 6 tours. L'échappée fut rejointe par Victor Hugo Pena de la Colombie et Pjörnar Vestöl de la Norvège; leur écart se creusa jusqu'à 3 minutes. C'est à ce moment que l'équipe italienne décida de prendre les choses en main et partit en chasse. En moins d'un tour et demi, l'échappée fut reprise.
Plusieurs attaques se succédèrent en vain mais aucune autre ne réussit à creuser un écart de plus de 45 secondes avant que les Azzuri ne ramènent le peloton ensemble. C'est ainsi qu'un peloton regroupé s'élanca pour le dernier tour.
Le chef de file de l'équipe belge, Peter Van Petegem, en profita pour tenter sa chance et attaqua à la droite de la route avec Bettini, l'espagnol Igor Astarloa, Michael Boogerd des Pays Bas, Bo Hamburger du Danemark et l'ancien champion du monde Oscar Camenzind de la Suisse dans sa roue.
Tandis que ce groupe gagnèrent une avance de 25 secondes, l'équipe allemande débuta une chasse désespérée en espérant positionner leur leader, Erik Zabel, pour la victoire. Ce ne fut pas suffisant. L'échappée avait une mince avance de 15 secondes au pied de l'accès Claremont et c'est durant cette ascension que Astarloa choisi de lancer une attaque explosive. "Nous nous observions et le peloton se rapprochait", expliqua-t-il après la course, "j'ai décidé d'attaquer; je savais que ce serait difficile car le vent était de face dans l'ascension.".
Tandis que Astarloa accélérait et puisait dans ses dernières ressources pour conserver ses minces 10 secondes d'avance, le Canadien Michael Barry attaqua à son tour le petit groupe avec dans sa roue, l'espagnol Alejadro Valverde Belmonte.
"J'ai fait plusieurs courses où la nuit meme, je regrettais de ne pas avoir attaqué et je me suis dit que je n'avais rien à perdre." affirma Barry avant d'ajouter : "Il y a 3 ans, Steve Bauer qui a concu le parcours, a dit que quiconque arrive au sommet de la montée avec une avance de 10 secondes, a pratiquement gagné la course. Les chances étaient minces de pouvoir rattrapper Astarloa."
Bauer disait vrai : Astarloa conserva son avance et parada sur la ligne, les mains levées en signe de victoire. Valverde Belmonte enleva l'argent à Petegem et Barry franchissa la ligne en 7ème position. La meilleure performance canadienne aux championnats du monde sur route, depuis la médaille de bronze de Steve Bauer.
"Incroyable" s'exclama Barry, 27 ans qui a grandi à Toronto et vit maintenant au Colorado. "Qu'est-ce qui s'est passé? Ce qui est arrivé aujourd'hui fut comme un reve devenu réalité - disputer un championnat du monde au Canada et avoir autant de personnes pour nous encourager .". En effet, 104 000 spectateurs se sont attroupés le long du parcours pour regarder la course, pour un total de 230 000 spectateurs au cours des six derniers jours.